Confidences pour confidences
Je vous écris un mercredi matin, avec les yeux qui peinent à rester ouverts, mais une boule au ventre qui ne veut pas partir. Une sorte d'angoisse permanente qui grossit de jour en jour. Et je sais très bien à quoi je la doit : la pression des réseaux sociaux.
Je dis "pression" comme si quelqu'un l'exerçait pour moi alors que je me la met toute seule. Enfin, plus ou moins. Mais je vais vous raconter comment tout ça est arrivé.
2025, l'année de l'indépendance
Après plusieurs années en tant qu'indépendante complémentaire, d'abord avec un job temps plein à côté, ensuite sans emploi mais avec une dépression pour collègue et enfin libre et heureuse mais avec un plafond financier à ne pas dépasser (et enceinte, par la même occasion).
2025, c'est donc la première année où je vis pleinement de ma passion. Dès la fin de mon congé maternité, j'ai plongé tête la première dans le grand bain. Avec des poches sous les yeux et deux enfants en bas-âges. La reprise était calme, peut-être un peu trop à mon gout. Mais, c'était sans compter sur ma voiture qui a décidée de me lâcher juste avant début février. Tu voulais gouter à l'indépendance ? Accueille donc les imprévus à bras ouverts.
Sauf qu'une dépense pareille, je ne l'avais pas trop prévue au budget.
Les premiers mois sont donc difficiles, avec beaucoup d'argent qui sort et très peu qui rentre. L'angoisse.
Le retour des beaux jours
Même si les débuts sont assez stressants, les demandes arrivent, les séances s'enchainent, et j'arrive à honorer toutes mes factures et même faire des investissements professionnels. Je ne sais pas me verser de salaire, mais je ne suis jamais dans le rouge : YES !!
Je vais même réaliser un C.A. de dingue en mai, qui me rendra vraiment très très fière. Le printemps sera placé sous le signe du renouveau et de l'espoir. Finalement, cette année ne sera pas si mauvaise. C'est d'ailleurs durant le printemps que je lance "Tranche de vie". Une nouvelle façon de voir les souvenirs photos. Une volonté de ma part d'offrir des souvenirs plus authentiques et aussi de me démarquer de la concurrence avec cette envie d'être unique, originale.
Et bardaf, c'est l'embardée
L'excitation des séances qui s'enchainent et du C.A. qui augmente auront raison de moi. Je me mets la pression : j'en veux plus. Du coup, j'augmente considérablement la charge de travail et je bosse tous les soirs. Je trouve ça tout a fait normal étant donné que mes journées sont écourtées par mes enfants. Je ne bosse qu'entre 9h et 15h30 donc il faut bien rattraper le temps perdu. Sauf qu'une fois que l'école est finie, que les congés d'été sont là, je ne peux plus me permettre d'avoir le même rythme de travail. Les journées à la maison avec les enfants sont épuisantes.
Et le break qui fait du bien
Le mois d'août a été placé sous le signe du break, de la déconnexion, du rien. J'ai profité de mes vacances, profité de ma famille et de mes proches. J'ai très peu sorti mon téléphone, je n'ai rien posté sur les réseaux sociaux. Le pied. Et c'est là que j'ai compris que c'était la source la plus importante de tous mes tracas. Finalement, cette pression constante me vient de là. Je ressens donc un bien-être total et je vais revenir de vacances avec l'envie ferme de ralentir et de savourer la lenteur. Et les premières semaines à mettre ça en place se passent divinement bien. Je me sens sereine, reposée malgré les nuits hachées. Mes enfants sont cool et heureux. La vie est belle.
"Booké jusqu'en janvier"
Pendant que je prenais mon temps et que je me félicitais de ralentir le rythme, d'aller à l'essentiel et d'arrêter de me mettre la pression, je voyais les collègues photographes remplir leurs agendas. "Mince, ils ont des tas de séances et pas moi". Faut peut-être que je m'y mette sérieusement au lieu de me la couler douce". Bam, on va se mettre à poster tous les jours, à se démarquer, à proposer du contenu plus original. "Tiens, que fait la concurrence, quelles sont les tendances ? Oh, un nouveau challenge pour booster sa visibilité, un autre pour gagner en productivité et un pour réussir à s'organiser. Je prends l'tout." Je vous le donne en mille : je me suis brulé les ailes. Oui oui, je me suis mise une pression énorme, persuadée que je devais percer sur les réseaux sociaux pour remplir mon agenda (je le pense toujours alors que je sais que c'est faux). Et je suis passée d'un temps d'écran quasi inexistant à plusieurs heures par jour sur Instagram. Et ça me donne la nausée.
Trop is te veel
J'en suis clairement à un point où je ne sais plus par où commencer. J'ai envie de tout supprimer et recommencer, repartir de 0. Je pense d'ailleurs faire un méga tri digital, histoire d'arrêté d'être polluée par des tas de méthodes ou d'inspirations qui m'embrouille le cerveau. Où est passée ma créativité ? Je pense que j'ai tellement envie de me prouver, à moi et à mes proches, que je peux réussir que je veux le faire à fond, mais que je le fait mal. Ce n'est pas en passant mes journées à poster du bon contenu que je vais atteindre mes objectifs. Ce n'est pas en demandant constamment à chat GPT ce qu'il me conseil de faire comme actions que je vais percer. Les challenges d'automne, n'en parlons pas.
Je pense que j'ai juste besoin d'aller à l'essentiel et ne stopper cette sursimulation constante qu'on se prend de partout. Vraiment, ça devient dingue tout ce qu'on reçoit comme infos, conseils, inspirations, ... Y a des jours, je rêve vraiment d'aller m'isoler dans une cabane avec pour seul objectif de lire à longueur de journée et de récupérer les heures de sommeil qu'il me manque (à savoir, beaucoup beaucoup trop).
 
En bref,
 
Il s'agissait carrément d'un article qui sort de l'ordinaire mais ça m'a vraiment fait du bien de l'écrire. Ça pourrait carrément devenir un truc récurrent par ici, quand je sens qu'il y a trop de choses qui me submerge.
Peut-être que personne ne se retrouvera dans mes mots, mais si ça peut aider une seule personne à se sentir moins seule, alors je suis contente d'avoir partagé ça plutôt que de l'avoir laissé dans mes (trop nombreuses) notes.