La nostalgie de la vingtaine


Dimanche soir. Ce moment suspendu où le week-end s’efface doucement pour laisser place à la semaine à venir. Ce moment où l’on repense à tout et à rien, où l’on se surprend à laisser divaguer son esprit. Et ce soir, je pense à la vingtaine. À cette période de la vie qui me semble à la fois proche et si lointaine.

A misty coastal beach landscape with sandy shores and distant cliffs under an overcast sky.
Two people in red jackets walk along a misty coastal path overlooking a foggy beach on a moody day.

On s’imagine toujours qu’on aura le temps


On s’imagine toujours qu’on aura le temps. Que les amitiés resteront pareilles, que les habitudes ne changeront pas. Et puis, doucement, sans bruit, tout évolue. Les soirées étudiantes laissent place aux dîners où l’on parle crédit immobilier et couches-culottes. Les groupes d’amis s’effilochent, non pas par manque d’amour, mais par manque de temps.


Et c’est normal, au fond. C’est la vie. Mais ça n’empêche pas d’avoir ce petit serrement au cœur quand on retombe sur une vieille photo ou un message oublié dans une conversation qui ne bouge plus.


Je crois que la nostalgie est belle, tant qu’elle ne nous enferme pas. J’aime me replonger dans ces souvenirs, mais j’essaie aussi de me rappeler que dans dix ans, je serai peut-être nostalgique de ce que je vis aujourd’hui.

A silhouette of a person in a sweater watching a peaceful sunset over a coastal landscape.
Dramatic sunset sky with pink clouds over dark coastline and tranquil water.

Un pincement doux-amer


À 32 ans, on n’est pas vieux. Loin de là. Et d’ailleurs, je ne crois pas que la vieillesse ait forcément un lien avec l’âge – mais ça, c’est un autre débat. Pourtant, depuis quelques années déjà, une petite nostalgie s’est installée en moi. Pas une tristesse profonde, non. Plutôt un pincement doux-amer. L’impression qu’une partie de moi est partie pour toujours et ne reviendra pas.


La vingtaine, c’était cette insouciance qui flottait partout. Ce sentiment de liberté absolue, même quand on ne savait pas trop où on allait. C’était les camps scouts où l’on refaisait le monde au coin du feu, les soirées étudiantes où la fatigue n’existait pas, les amitiés si fortes qu’on les pensait éternelles.

Silhouettes stand on a darkened hillside overlooking a tranquil lake during a serene orange and pink sunset.

Les années passent


Et puis, les années passent. On construit autre chose, on avance, on grandit. Mais parfois, j’aimerais retrouver cette insouciance, juste pour un instant. Rire à en pleurer avec des amis qui, aujourd’hui, ont pris d’autres routes. Ressentir cette excitation de l’inconnu, ce vertige doux des premières fois.


Ce qui est étrange, c’est que sur le moment, on ne se rend pas compte que c’est une époque qui marque à jamais. On la vit, intensément, sans se douter qu’un jour, elle nous manquera.

Person in a baseball cap and beige sweater stands on a misty beach overlooking the ocean on an overcast day.
Person wearing a brown hat and navy jacket carries a baby in an orange and gray baby carrier against rocky background.
Child in dark sweater gazes at illuminated carnival carousel on cobblestone plaza at dusk.

Chaque âge a sa magie


Parce qu’après tout, chaque âge a sa magie. Ce n’est plus la même insouciance, ce ne sont plus les mêmes aventures, mais il y a d’autres bonheurs à savourer.


Alors, plutôt que de trop regarder en arrière, j’essaie d’apprécier ce qui est là, maintenant. Les éclats de rire avec les bonnes personnes, les moments de douceur, les petites folies du quotidien. Parce que ce sont ces instants-là qui, dans quelques années, deviendront à leur tour des souvenirs précieux.